Découvrez l'univers des mots de Philippe Abril
Plongez dans les pensées et les histoires qui enrichissent l'œuvre de Philippe Abril. Cette section est un espace dédié aux mots, où la peinture rencontre la poésie et la narration. Laissez-vous porter par un petit roman, un abécédaire d'artiste et quelques poèmes.

Le roman semi-biographique
Explorez les profondeurs de l'imaginaire de Philippe Abril à travers son petit roman semi-biographique. Un récit intime qui offre un aperçu unique de son parcours, de ses inspirations et des moments qui ont façonné son art. Une lecture essentielle pour comprendre l'homme derrière le peintre.

L'abécédaire de l'artiste
Découvrez les mots clés de l'univers de Philippe Abril à travers son abécédaire d'artiste. Chaque lettre ouvre une porte sur une idée, une émotion, une technique ou une anecdote. Un guide original pour naviguer dans sa vision du monde et de la création artistique.

Recueil de poèmes
Laissez-vous charmer par la poésie de Philippe Abril. Quelques poèmes viendront enrichir cette section, offrant des réflexions lyriques et des images fortes, échos de la sensibilité et de la profondeur de ses œuvres picturales. Chaque vers est une invitation à la contemplation.
« L’amour consiste en des images qui obsèdent l’esprit.
S’ajoute à ces visions irrésistibles une conversation inépuisable qui s’adresse à une seule personne
auquel tout ce qu’on vit est dédié. L’être aimé peut être vivant ou mort.
Son signalement est donné dans les rêves car dans les rêves ni la volonté ni l’intérêt ne règnent.
Or, les rêves se sont des images.
Même d’une façon précise, les rêves sont à la fois les pères et les maîtres des images.
Je suis un homme que les images attaquent. Je fais des images qui sortent de la nuit.
Je suis voué à un amour ancien dont la chair ne s’est pas évanouie dans la réalité
mais dont la vision et le toucher m’ont été interdits par la maladie. »
Pascal Quignard - Terrasse à Rome
« Chaque mot est une couleur,
chaque phrase un coup de pinceau. »
La vie révée des idées
Un jour tout change
Dans le silence d’une pierre
Le beau devient inutile
La splendeur rayonne dans la poussière
Le coeur est situé
Un regard fait naître le printemps.
Ex umbra in solem
La vie à cache-cache
Une petite lumière au bout du couloir
Des pages et des pages
Calendriers, almanachs, jounaux
Papier noirci, plume et prières
Artistes au travail amoureux de la marge.
Pantin de bois
Vie minuscule
Sur la piste des acrobates
Piège de feu, langue liée
Une figurine dans la poche
Un hamster dans le cartable.
Lumière, chaleur, couleurs
Ce qui console, et ouvre les portes
Un infini de destins, une fleur
Collection de nuages
Des formes incroyables
Le vivant démultiplié
Une imagination sans limite.
Une truite orange amère file sous le sable,
obscurci, ville pointillée, silice, grincement,
soulé. Parjure, femme étincelle et papier
crépon, le bois vert turquoise
coule par le fond.
La veille de notre arrivée il fera beau
et la mer s’aventure.
Tête de bois, coeur d’or et de faucon,
poigne de menuisier du désespoir.
Des années longues, longues,
sans printemps et sans été, la physionomie
des villes inédites par des immeubles
banals. Lorsque je lui avais rendu visite
dans sa minuscule maison.
De toutes les ficelles tendues au-dessus
d’un ciel immuable sortaient des oiseaux
silencieux, chamarrés, moqueurs.
Le grand mystère des îles.
Du poétique réside dans leur nuit peuplée
de songes bénéfiques, kaolin, des plages
vaporeuses.
Venir sans tambour ni trompette, faire
le lit du torrent, astiquer les étoiles aux
premières lueurs de l’aube. Leur murmure
de mots inventés, inouïs, gainés de rosée.
Rire aux grimaces des rustres et chanter
l’ami qui s’en va, décider du bonheur et
chahuter la vie.
Faire confiance est un éclairage fantaisiste
sur la folie douce de la vie,
loin des ambiances de rébellion en somme.
Un abri pour le coeur.
Il fallait les voir tous, avides d’histoires
de coeur, les coeurs gros comme
des maisons qu’ils avaient. Tu parles !
quelle mascarade.
C’étaient des coeurs en toc.
Suis la ligne ! Prends la clé,
on ne sait jamais si tu trouves l’étoile,
celle qui est à toi, ne dis rien, juste pleure
et dis merci, maintenant dans ton petit
corps brûle la plus douce des bougies.
Sans savoir pourquoi et ne le cherche pas.
La réalité ! en voilà une affaire
La lune grosse, si belle dans son écrin
étoilé me regarde paisible, elle regarde
la terre depuis si longtemps, elle en
connaît un rayon, elle, sur la réalité.
Petit garçon dans la lune, je nous voyais
comme elle.
Rose est un état d’esprit
Un refuge, un foyer toujours propre
Parfumé de thés rares et fabuleux
Rose est le pays d’où l’on vient
Une petite maison sur la colline
Un oubli des vilains
et des mots sans amour.
Le monde entier et tout l’univers
ils l’on mis dans des mots, de tout petits
mots, forcément ça pouvait pas rentrer.
Imaginez donc la mer en trois lettre !
Avec tous les poissons et les rochers.
Les peintres eux, ont fait des images
et dans un seul tableau sans mot
tout est rentré dans les couleurs
Philippe Abril
Arthur Rimbaud
Alchimie du verbe
À moi. L’histoire d’une de mes folies.
Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles,
et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.
J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques,
enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d’église,
livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées,
petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rhythmes naïfs.
Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n’a pas de relations,
républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs,
déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.
J’inventai la couleur des voyelles ! — A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert.
— Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne,
et, avec des rhythmes instinctifs, je me flattai d’inventer un verbe poétique accessible,
un jour ou l’autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d’abord une étude. J’écrivais des silences, des nuits,
je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges.